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Anniversaire du Concours Général Agricole

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Depuis sa création en 1870, le Concours Général Agricole récompense le meilleur de la génétique française et des produits du terroir. Il contribue aussi à la formation des futurs professionnels du monde agricole et agro-alimentaire.

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Le whisky français, l’or de nos terroirs

Premiers amateurs de scotch au monde, les Français réservent un accueil très enthousiaste aux whiskys produits dans l'Hexagone. De 1984 à nos jours, le nombre de distilleries est passé de 1 à 73. Un boom jamais imaginé face aux mastondontes écossais et irlandais. Ce qui fait la force du Made In France ? Des savoir-faire d’exception dans le brassage, la distillation, le vieillissement ; une diversité inégalée de terroirs, et… de l’audace et une créativité à revendre !

Qui aurait eu l'audace de parier sur une telle croissance du whisky français il y a ne serait-ce que dix ans ? Le succès est pourtant bien au rendez-vous. En 1984, lorsque Gilles Leizour reprend  la distillerie bretonne Warenghem, à Lannion, il se démène pour trouver de nouveaux marchés et expérimenter de nouveaux segments. Le voilà parti pour l'Ecosse. Après une formation sur place, il revient et s'enferme dans son laboratoire. Il en ressort trois ans plus tard avec le premier whisky français. Aujourd'hui, la distillerie s'est taillée une solide réputation, non seulement sur le marché local et national mais aussi international puisqu'elle exporte 20% de sa production. « Nous avons été les premiers en France et en Europe à oser produire du whisky en-dehors de l'Ecosse et de l'Irlande, explique David Roussier, son gendre, aujourd'hui Directeur Général de la distillerie. Etant bretons, nos ascendances celtes nous faisaient bénéficier d'une certaine légitimité et nous avions le savoir-faire en matière de distillation, puisque nous produisions déjà des liqueurs depuis 1900. »

Deux Indications Géographiques Protégées françaises

« Notre whisky est riche, assez rond et ample avec une dominante plutôt fruitée, à l'origine de l'Indication Géographique Protégée (IGP) « whisky breton », complète David Roussier. Ces pionniers ont ouvert la voie à des dizaines d'autres professionnels souhaitant eux aussi relever le défi. Une autre IGP « whisky alsacien » est apparue par la suite. Une catégorie à part entière lui est dédié au sein de la famille whiskys du Concours Général Agricole. Des distilleries se sont progressivement implantées dans toutes les régions de France, même en Corse et à La Réunion. La Fédération du Whisky de France annonce le chiffre de 90 distilleries sur le sol français en 2020. « Les professionnels se lancent par passion, relève Xavier Brevet, cofondateur du blog whisky-francais.com. Nous avons toutes les compétences et l'expérience nécessaires sur place. »

Une fabrication dans le respect de l'art

Après avoir été moissonnée, l'orge de brasserie est mise au repos pendant trois mois dans des cellules en fer puis expédiée dans une malterie où elle sera mise dans de l'eau pour germer. C’est le process de maltage. Une fois le grain malté, il retourne à la distillerie, est écrasé, broyé et mélangé avec de l'eau de source, chauffé pendant deux heures, puis filtré. Le jus est récupéré puis fermente pendant une semaine. Il atteint alors environ 7 degrés d'alcool,un peu comme une bière, avant d'être distillé et conservé en fût pour devenir du whisky, après un minimum de trois années.

La qualité plus que la quantité

Dignes héritières de traditions familiales, les structures de l'Hexagone restent néanmoins de taille modeste. La distillerie française la plus importante, Warenghem, est bien inférieure à la plus petite distillerie écossaise. Elle produit 0,2 million de litres d'alcool pur par an quand en moyenne une distillerie écossaise en sort 7 millions. Même humilité du côté de la distillerie Castan, basée dans le Tarn. « Nous faisons beaucoup moins de volume que d’autres ayant des moyens financiers plus importants », concède Céline Castan. Issus d’une famille de bouilleurs ambulants_ ces distillateurs équipés d'un alambic qui se déplaçaient dans les villages pour transformer en eaux de vie les fruits des particuliers_, les Castan se sont lancés voici neuf ans dans la production de whisky. Ici, le processus de fabrication est maîtrisé de A à Z puisque l'orge maltée provient directement des 160 hectares de champs cultivés sur place. « Nous faisons nos semis, la récolte, nous gérons tout. Cela plaît vraiment au consommateur d’avoir une origine France », se réjouit Céline Castan, qui s'est vue  décernée une médaille d'or cette année et une médaille d'argent en 2018 au Concours Général Agricole.

Le vieillissement en fût de vin, la botte secrète des distillateurs français

Les alambics, les climats, les céréales varient, mais tous partagent ce même amour de la tradition. Leur savoir-faire séculaire en spiritueux et en vins et leur créativité leur permettent de se démarquer. « L'origine géographique de la matière première, l'orge, n'a que peu d'impact sur le produit fini. Ce qui compte c'est l'alambic et le vieillissement », explique Céline Castan. Elle n'utilise ainsi que des alambics fabriqués en France et vieillit son whisky dans des tonneaux de vin, blanc ou rouge. « Nous sommes exigeants sur l’âge et la provenance des tonneaux. Nous avons des appellations diverses, notamment du Bordeaux, du Saint-Emilion, du Saint-Julien,… mais nous n’avons pas l’autorisation de parler des appellations sur les étiquettes de whisky, contrairement à l’Ecosse. » Ce vieillissement en fûts de vin est plébiscité par les amateurs du monde entier. En témoigne un nouveau contrat scellé par la Distillerie Castan avec les Etats-Unis pour une livraison de 5000 bouteilles par an.

La créativité et l'audace des Français est également louée. La Distillerie de Paris a ainsi osé faire vieillir du whisky en plein cœur de la capitale avec un résultat salué par tous. En Bretagne, la Distillerie des Menhirs produit un whisky à base de blé noir. Notes fruitées, iodées, suaves, boisées… la palette d'arômes est aussi riche que nos terroirs. Cette valeur ajoutée les classent d'office dans le haut de gamme, peu importe leur âge.

Des whiskys jeunes mais forts

Il y a dix ans, l'Ecosse dominait le marché. Ses 10, 12, 15, 18, 20 ans d'âge étaient très prisés des consommateurs. Si prisés que les stocks se sont épuisés comme peau de chagrin. Les acteurs de l'univers du whisky ont donc tendance aujourd'hui à ne plus mentionner l'âge des cuvées, ce qui joue en faveur des produits français. « Nos stocks sont plutôt jeunes, reconnaît Xavier Brevet. Le défi aujourd'hui pour les Français, c'est d'arriver à vendre pour couvrir les frais de leur entreprise tout en mettant de côté du whisky, pour le laisser vieillir. Ce n'est pas simple pour une petite structure mais les premiers 20 ans d'âge apparaissent. Les distilleries françaises historiques en ont dans leur chai. Libre à elles ensuite de décider de les commercialiser ou non. » A trois ans déjà (l'âge minimum réglementaire pour l'appellation whisky), les professionnels s'accordent à reconnaître aux whiskys français une force séduisante pour le palais et bien suffisante pour la vente, du fait encore une fois de ce savoir-faire traditionnel et d'un vieillissement cinq étoiles.

Cette année, 19 producteurs de whisky ont été primés au Concours Général Agricole : Warenghem, Castan, Meyer's, G. Rozelieures, Hepp,… et dans la catégorie Whisky d'Alsace : Hepp, André Mersiol et Lehmann ont obtenu une médaille d'or. « Ces médailles sont une reconnaissance extraordinaire de notre travail et donnent une légitimité supplémentaire au produit, avec à la clé un impact direct sur les ventes », constate David Roussier de la Distillerie Warenghem. Xavier Brevet abonde en ce sens. « Le CGA a toujours mis en avant de bons produits, son aura auprès du public est indéniable. Il participe sans aucun doute au boom du whisky, notamment en offrant la possibilité à de petits producteurs de se présenter, donc c'est fantastique ! »

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